Les statuts légaux des actes -concernant le Mukallaf (responsable pubère et en possession de ses capacités mentales.) – sont au nombre de cinq : des actes permis ou licites (Mubâh), recommandés(Mandûb), obligatoires(Fard), détestables ou non souhaitables(Makrûh) et interdits ou illicites (Harâm).
L’origine de tout acte en Islam est la licéité (statut par défaut) sauf si un texte (nassun) vient modifier ce statut ou s’il y a préjudice causé par cet acte. L’excès et le gaspillage en Islam sont prohibés même dans les choses licites.
Il s’agit aussi en Islam de porter une attention particulière au « Mutashâbihât » : qui sont les choses entre le licite et l’illicite qu’il faut éviter pour préserver notre religion. Le prophète paix et salut sur lui fait allusion à cela dans le Hadîth cité par An-nawawî : « est évident ce qui est licite comme est évident ce qui est illicite : entre les deux il y a des choses qui suscitent les doutes et que peu de gens connaissent, celui qui s’éloigne des choses douteuses préserve sa foi et son honneur et celui qui s’y aventure tombe dans l’illicite… »
Les statuts légaux des actes sont donc :
1.L’obligation (fard) : ce sont les actes ordonnés par Allah et Son envoyé comme les piliers de l’Islam, la croyance…Le fait d’accomplir ces actes est récompensé et le fait de ne pas les faire implique l’exposition au châtiment et à la colère divine.
On distingue : une obligation à caractère individuel (fardu ‘ayn) : que chacun doit accomplir à titre individuel, faute de quoi, il s’exposera au châtiment divin : dans cette catégorie on peut trouver des obligations cultuelles : comme les 5 prières obligatoires,le jeûne du mois de Ramadan,la Zakât, et des obligations comportementales : comme le devoir de bien se comporter avec ses parents et son voisin…
Une obligation communautaire(solidaire) ou « exonératoire » (fardu kifâya) : si un membre ou une partie de la communauté l’accomplit (elle aura seule sa récompense de la part de Dieu), le reste de la communauté ne sera plus obligée de la faire et ne sera pas châtiée par Dieu s’il ne la fait pas. Par contre, si personne ne l’accomplit, toute la communauté sera responsable et sera sanctionnée par Dieu.
Les savants citent seize catégories de ce type d’obligation : mais on peut en trouver beaucoup plus par analogie.
Les deux grandes catégories de cette obligation sont : des obligations communautaires cultuelles : comme le fait de s’occuper des funérailles du défunt musulman, la prière sur le mort, visiter la Ka‘aba (la maison de Dieu) chaque année (c’est-à-dire si personne ne la visite parmi les musulmans dans l’année toute la communauté aura commis un péché), le Djihâd physique, l’appel à Dieu, l’apprentissage du Coran (sauf la Fâtiha qui est une obligation individuelle pour ceux qui peuvent)
Des obligations communautaires comportementales : comme le devoir de sauver celui qui se noie, nourrir les affamés et les démunis du quartier de la résidence, recevoir (s’occuper) (chez soi) l’invité (l’étranger), répondre au salut (au salâm), le conseil (an-nasîha),l’appel à Dieu, la visite du malade, le « tashmît» de celui qui éternue, la jurisprudence, les sciences religieuses et les métiers essentiels et nécessaires pour le pays de l’Islam (agriculture, commerce, médecine…)…
2.L’Illicite (Harâm) : ce sont les actes interdits par Allah et Son envoyé qui exposent celui qui les fait au châtiment de Dieu (sauf s’il revient à Dieu par un repentir sincère: pour ce qui est des grands péchés) : comme la grande association (Shirk), le mauvais traitement des parents, le fait de tuer une âme humaine innocente, l’adultère,la pratique de la magie, consommation du vin, les jeux de hasard, le faux témoignage, le takfîr,le mensonge,les médisances (calomnies)….
3.Le conseillé ou le recommandé (Mandûb, Sunna) : l’ensemble des actes méritoires, pour lesquels le fait de ne pas les accomplir, n’expose le musulman à aucun châtiment ou sanction de la part de Dieu. Accomplir ces actes implique le mérite de la part d’Allah (si l’intention est bonne).
La Sunna (tradition) désigne tout acte dont le législateur a confirmé (insisté sur) le mérite et la grande valeur et qui a été accomplit en public par lui (le Prophète), mais pas de preuve de son obligation (donc non obligatoire).
Le Mandûb (ou la Fadîla) : recommandé mais pas avec insistance comme les 4 rak’at avant Zuhr.
Littéralement Nâfila ou Fadîla veut dire acte en plus, en dessous de l’obligatoire.
Parmi les savants, il y a ceux qui disent que Sunna, Mandûb, Mustahabb et Fadîla ont la même signification et désigne les actes méritoires non obligatoires.
La catégorie d’actes méritoires se divisent en : Sunna appuyée (Sunna Muakkada), Sunna légère ( Sunna Mukhaffafa), Raghîba, et Nâfila (qui est a la même signification chez certains auteurs que la Fadîla).
La différence entre ces éléments est seulement le degré de mérite.
En résumé ce qu’il faut retenir :
La catégorie Mandûb désigne tout acte méritoire non obligatoire et peut varier en degré de mérite selon la nature de l’acte. Son délaissement n’implique pas de péché (de châtiment). Mais le faire est méritoire voir très méritoire, et recommandé voir fortement recommandé (pour certains cas).
Pour la sunna on peut distinguer comme pour le fard :
Une Sunna à caractère individuel : sunna pour chaque individu comme la prière du Witr (prière impaire après ‘Ishâ), le salut des personnes…
Et une Sunna communautaire(solidaire) ou « exonératoire » : il suffit que quelqu’un la fasse pour que tout le monde en profite ! Comme la Iqâma (avant de faire la prière), l’Imâma (direction de la prière) (sauf pour la prière du vendredi où la direction de la prière est une obligation),…
4.Le détestable (makrûh) : celui qui l’évite est récompensé, et celui qui le fait n’est pas sanctionné :
Exemples:
Le fait de rentrer dans la mosquée et de s’assoire sans faire la prière sunna de « Tahiyyat Al-masjid » (2 Rak’at).
Le fait de lire le Coran pendant la prosternation (sujûd) ou pendant l’inclinaison dans la prière (rukû‘un).
5.Le permis (licite): l’ensemble des actes qui ne sont pas dans les autres catégories et que les textes sacrés n’ont ni interdits ni blamés ni recommandés.
source: https://www.doctrine-malikite.fr/Les-statuts-legaux-en-Islam_r27.html