Les 23 conditions de la voie
La Tariqa Tidjaniya repose à part entière sur les deux sources fondamentales que sont le Qoran et la Tradition prophétique. Les conditions (chouroutes) de cette voie spirituelle trouvent ainsi logiquement leurs fondements dans les sources précitées. On en déduit alors, que si ces conditions sont respectées, la Tariqa l’est aussi. Le respect ainsi acquis, le disciple pourra en bénéficier pleinement. Il va de soi que chaque disciple se doit de connaître les « chouroutes » ainsi qu’un minimum en matière de Coran et de Hadith prophétique qui lui serviront d’appui (dalil).
La Tariqa Tidjaniya a d’autres dénominations ; Tariqa : Ahmediya, Mohammediya, Ibrahimiya,
Hanifiya. Mais, de manière particulière, on dit de cette voie qu’elle est illuminée de grâce. En effet, un parallèle peut-être établi entre Tariqa Tidjaniya en tant que quintessence des voies et l’Islam qui est celle des religions. La Tariqa Tidjaniya et l’Islam sont respectivement pour l’ensemble des Tourouq et des religions, les parachèvements et les sommités.
Pour cela, on affirme que la Tariqa est une Tariqa de grâce (Fadl). La notion de « fadl » n’est pas en contradiction avec le Coran et la Sounna, c’est-à-dire que la possibilité qu’Allah élit ou choisit une partie des gens et leur accorde une grâce toute particulière est tout à fait concevable. Ainsi, son dépositaire Sidi Cheikh Ahmed Tidjani (RA) est le sceau de la sainteté (par sa qualité) de même que l’envoyé Mohammed (SAW) l’était pour la prophétie (par sa qualité), mais également à l’échelle temporelle universelle : il clôt l’arrivée de tout autre envoyé ou prophète, ce qui n’est pas le cas de Sidi Cheikh Ahmed Tidjani (RA). Des références coraniques peuvent être citées en guise d’appui logique, on citera notamment :
« Ô enfants d’Israël ! Rappelez-vous mon bienfait que je vous ai accordé et rappelez-vous que je vous ai préféré à vos contemporains ! » (Sourate 02 La vache, verset 47).
« […] Dis : la générosité est certes entre les mains de Dieu et Il l’accorde à qui Il veut. La grâce d’Allah est immense et Il est Omniscient. » (Sourate 03 La famille d’Imran, verset 73).
« Il réserve Sa grâce à qui Il veut et Dieu détient la très grande générosité » (Sourate 03 La famille d’Imran, verset 74).
Tous ces versets nous montrent bien que la grâce provient d’Allah et dénotent alors l’absurdité du refus de l’idée de la grâce qui ne se base sur aucune référence claire. Allah a la possibilité d’élire parmi les vertueux et rapprochés ceux qu’Il veut. Le fait de nier revient à réduire la puissance d’Allah, ce qui est inconcevable.
Le fait d’étudier les » chouroutes » de la Tariqa nous permet de constater que les causes du succès dans l’au-delà y sont incontestablement intégrées.
Les conditions de l’adhésion à la voie spirituelle Tidjani sont au nombre de 23 et doivent être respectées par tout adepte. Vingt et une sont obligatoires et deux très conseillées. Elles constituent, dans leur ensemble, un pacte qui permet à tout adepte d’accéder aux garanties spécifiques aux disciples Tidjani.
CONDITION N°01
Le Mouqadem qui donne l’affiliation doit être consacré dans sa fonction par le Cheikh fondateur ou par un de ses représentants notoires.
CONDITION N°02
Le candidat à la Tariqa Tidjaniya ne doit pas avoir les oraisons des autres maîtres spirituels.
Il ne lui est pas permis d’avoir une autre voie et d’autres ouird en même temps que celle-ci.
CONDITION N°03
Interdiction de visiter les saints vivants ou morts, mais obligation d’avoir envers eux la plus grande considération et le plus grand respect.
CONDITION N°04
L’accomplissement des cinq prières, dans leur temps, en groupe, si cela est possible, et le respect de la Chari’a.
CONDITION N°05
Il faut aimer le Cheikh d’un amour puissant jusqu’à la mort ainsi que son successeur.
CONDITION N°06
La méfiance de la ruse d’Allah.
CONDITION N°07
Il ne proférera jamais d’injures et ne manifestera jamais de haine ou d’inimitié à l’adresse du
Cheikh.
CONDITION N°08
L’endurance dans l’accomplissement des oraisons Tidjani jusqu’à la fin de sa vie.
CONDITION N°09 ET 10
La nécessité de croire et de s’abstenir de toute critique.
CONDITION N°11
Aucune personne non-affiliée ne doit réciter les oraisons sans aucune autorisation spéciale d’un Mouqadem ou Chouyoukh Tidjani.
CONDITION N°12
Se regrouper pour la récitation de la Wazifa, et chaque vendredi soir (après la prière du
‘Asr) à la réunion solennelle de la Hadratoul djoumah.
CONDITION N°13
Il ne faut jamais réciter Djaouharatou-l-Kamel sans les ablutions rituelles et les conditions nécessaires.
CONDITION N°14
Ne jamais rompre ses liens avec qui que ce soit et surtout avec les co-disciples plus de trois jours.
CONDITION N°15
Il faut éviter toute négligence dans la pratique des oraisons, tel le fait de les accomplir hors de leur temps légal sans une excuse valable (ou quelque chose de ce genre).
CONDITION N°16
Il ne faut pas donner aux autres la permission de réciter les oraisons Tidjani sans avoir l’autorisation authentique légitimant cet acte.
CONDITION N°17
Respecter toutes les personnes affiliées au Cheikh (qu’Allah l’agrée) et surtout les grands dignitaires de cette voie.
CONDITION N°18 ET 19
– La propreté du corps et des habits si possible
– La propreté du lieu.
CONDITION N°20
Il faut s’asseoir vers la Qibla pendant la récitation des oraisons sauf en cas d’exception prévue, tel le voyage (même s’il est proche), l’assise en groupe.
CONDITION N°21
Ne jamais interrompre la récitation pour d’autres paroles sauf en cas de force majeure.
Il est indispensable de ne pas interrompre la récitation des oraisons pour d’autres paroles (sauf pour une nécessité, ou pour répondre au Cheikh, aux parents, à l’époux).
CONDITION N°22
Visualiser l’image du guide face à soi au début du Dhikr jusqu’à la fin.
Parmi les conditions complémentaires et non obligatoires figurent la visualisation intérieure de l’image du guide Sidi Ahmed Tidjani (RA), ou mieux celle du Prophète (SAW), face à soi du début du Dhikr jusqu’à la fin. Cette situation implique de notre part, une conduite imprégnée d’humilité et de bienséance à l’égard d’Allah Le Très-Haut, de Son Prophète (SAW) et de Sidi Ahmed Tidjani (RA).
CONDITION N°23
Essayer de saisir le sens de ce que l’on récite, ou à défaut, distinguer les sons de la récitation.
Il est important de faire l’effort de visualiser intérieurement l’image du guide tout en prêtant attention au sens du Dhikr. Cependant, si cette tâche se révèle difficile à atteindre pour le disciple, il doit visualiser intérieurement l’image du Cheikh (qu’Allah l’agrée) au début de la récitation des oraisons, puis il fait attention à la signification de ce qu’il récite en gardant à l’esprit l’image du Guide tant que possible. À défaut, la visualisation initiale suffit.
Conditions du maintien du disciple dans la voie Tidjani
Les conditions du maintien du disciple dans la voie Tidjani sont au nombre de trois :
1 – S’abstenir de visiter les saints morts ou vivants dans l’intention de l’attachement et du profit spirituel excepté les saints Tidjani, les Compagnons du Prophète Mohammed (SAW) et les prophètes en général.
2 – Interdiction d’associer les oraisons propres à l’ordre Tidjani à ceux des autres ordres.
3 – L’accomplissement des oraisons Tidjani jusqu’à la mort.
En conséquence, celui qui délaisse une de ces trois conditions est désaffilié de la voie Tidjani. Il devra donc se repentir et demander à être de nouveau affilié à l’ordre.
Sidi Ahmed Tidjani (RA) a dit : « Trois choses nous détachent du disciple : le fait d’avoir d’autre Ouird que le notre, la visite des saints et le délaissement des oraisons »
Les conditions de validations des oraisons
Les conditions de validité sont au nombre de cinq :
1 – L’intention.
2 – La purification légale
3 – La propreté de l’habit, du corps et du lieu.
4 – Cacher ses parties intimes.
5 – S’abstenir de parler lors de la récitation des oraisons sauf en cas d’exceptions prévues (Cheikh, parents, nécessités).
En conséquence, celui qui ne respecte pas une de ces conditions doit refaire son Ouird sans avoir besoin de Tadjdid (renouvellement de l’affiliation spirituelle).
source: « La Tidjaniya et ses invocations » EL HADJ CHEIKH SONTA MOUSTAPHA, KHALIFE GENERAL DE LA TIDJANIA EN CÔTE D’IVOIRE